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Lutz ~ Regarde toi, regarde moi ~


Messages: 248 Date d'inscription: 29/12/2008
✖ MATRICULE ✖ Race: Vampire Santé Mentale:
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 | Sujet: Allo papa bobo Sam 14 Fév - 1:50 | |
| Dans les catacombes, il n’était pas rare d’entendre des cris affreux, des gémissements, des supplications. Ce jour là ne faisait pas exception à la règle. La bizarrerie ce jour là fut un cri qui n’avait rien d’humain, c’était celui de Lutz. Son expérience avait soudainement réussi à défaire ses liens, et s’était rebellée. L’homme s’était servit d’un des scalpels de son bourreau pour lui entailler profondément et grandement le dos, manque de chance, l’objet était en argent. C’était étrangement un matériau plus facile à obtenir sur l’île que la bête ferraille. Le vampire, furieux de s’être ainsi fait avoir acheva ce trop téméraire spécimen, sans douceur et laissa son corps à qui en voudrait, il ne voulait même pas boire son sang. Cela l’aurait pourtant aidé à guérir, mais il avait sous la main quelque chose de plus efficace : son propre fils. Il pourrait non seulement faire passer la douleur grâce à quelques décoctions dont lui ignorait le secret, et il l’aiderait à se recoudre. Il lui avait déjà vaguement montré comment faire, au final, ce n’était ni plus ni moins que de la couture traditionnelle, enfin c’était la vision qu’il avait après toutes ces années de chirurgie.
Souillé par son propre sang et par celui de sa victime il se traina péniblement jusqu’aux étages. On ne se retournait même pas sur son chemin, ce genre de spectacle était ici monnaie courante, et l’entraide elle n’était pas une pratique très répandue parmi les créatures. Rapidement il arriva à la chambre d’Harold, et y entra sans frapper. Manque de chance, le jeune n’était pas là. Grognant, maugréant, Lutz l’appela, pas de réponse. Jamais là quand on avait besoin de lui. Pour offrir des fleurs ou pour lui infliger une honte monumentale avec un de ses légendaires « je t’aime », ah ça oui ! Ca répondait toujours présent ! Mais pour rendre vraiment service, rien, nada !
Il s’assit sur le lit sans se soucier de la trainée rouge qu’il laissait derrière lui. Quand il ne s’agissait pas de sa propre chambre, il n’était jamais très regardant à la propreté qui était jusqu’ici éclatante dans la petite pièce. Son regard se posa sur ses fleurs colorées, assemblée en un mignon petit bouquet dans un vase. Sans expression, il fixa les plantes un certain temps, et soudainement, en proie à une fureur comme seule Harold savait faire naître chez lui, il balaya avec violence l’objet qui vint se fracasser sur le sol. Même en hiver, même avec ce temps infernal ce mioche trouvait le moyen de s’adonner à ses activités ridicules ! Il avait envie de crier, il ne supportait pas ce que son fils était devenu, cela aurait bien pu être n’importe qui, mais non ! C’était tombé sur lui ! Il se plaqua l’oreiller sur le visage et poussa un cri aigu qui étouffé ne fut perçu par personne. Essoufflé, il s’allongea sur le ventre, et ferma les yeux, attendant le retour de son fils qui devait maintenant avoir l’habitude de revenir chez lui pour trouver ses affaires sans dessus dessous. Il n’y avait pas de doute possible sur l’auteur de ces saccages répétés, d’autant plus que le criminel se tenait là, sur la scène du délit. Ce dernier à force d’attendre s’était d’ailleurs endormi. La perte de sang si elle ne pouvait pas le tuer pouvait très bien l’affaiblir.
Il eut un sommeil sans rêve, étendu là, immobile, pas de respiration, pas de bruit, rien, il semblait mort. Cette impression était accentuée par cette immense et hideuse balafre qui dénaturait son corps d’ordinaire si parfait. |
|  | | Harold "Flower Power"


Messages: 59 Date d'inscription: 10/02/2009 Age: 19
 | Sujet: Re: Allo papa bobo Dim 8 Mar - 17:24 | |
| [Me voilà! Juste une chose : je me suis permis de donner quelques objets à Harold mais je ne sais pas exactement si les créatures ont plus de possessions que les humains donc si cela s'avère être un problème, je peux toujours modifier des petits détails.] Personne n'aimait Aeron. Tous ses habitants ne songeaient qu'à une chose : quitter cet archipel maudit. Les humains, une fois le soulagement de voir leurs maux passés s'envoler, se rendaient vite compte que la mort n'en était que plus cruelle ici. Le répit qu'ils pouvaient trouver sur ces îles peu accueillantes n'était que de courte durée. Si leurs maladies ou les soucis qui avaient pu les pousser à des envies suicidaires disparaissaient, ils n'étaient remplacés que par des dangers plus horribles. S'ils réussissaient à survivre aux conditions extrêmes imposées par leur environnement, ils avaient souvent peu de chance face aux habitants originels de l'archipel. Ces monstres qui vivaient ici depuis des centaines d'années n'avaient rien d'autre à faire pour tromper leur ennui que de chasser ces pauvres âmes perdues, envoyées ici par on ne sait quel artifice, et de les faire souffrir le plus longtemps possible. Humains comme monstres ne rêvaient donc qu'à une chose : que leurs yeux ne revoient plus jamais ces îles vides, au climat rude. Les humains repensaient aux grands espaces qu'ils avaient connus avec une certaine nostalgie et une grande tristesse. Les créatures les rêvaient avec envie. Finalement, Aeron n'était peut-être pas un espace de jeu si amusant. Comme cela arrive toujours lorsqu'on est confiné dans un espace réduit, l'extérieur, le reste du monde, avait une grande place dans leur imagination et, alors même que l'archipel leur fournissait toutes les proies nécessaires à leur survie, Aeron devenait leur prison et ils ne songeaient qu'à tous ces humains qu'ils supposaient exister "ailleurs", bien plus forts, plus difficiles à traquer et surtout beaucoup plus nombreux.
Personne n'aimait Aeron, sauf un jeune vampire aux mœurs spécifiques. Harold n'était pas intéressé par la lutte quotidienne que se livraient humains et créatures. Et c'était peut-être pour ça qu'il ne songeait pas à l' "ailleurs". Ses congénères et son père le trouvaient étrange, ne comprenaient pas pourquoi il s'intéressait à des "détails". Mais c'était justement cet intérêt pour les petites choses de l'archipel qui faisait que Harold devait être un des seuls êtres vivants sur Aeron qui puisse dire qu'il aimait ces îles. Sans doute était-il d'ailleurs le seul et unique à apprécier les richesses de l'île. Car, malgré l'impression qu'on pouvait avoir au premier regard, les îles regorgeaient de secrets et de ressources cachées. Harold avait passé une bonne partie de sa vie à se promener et à observer. Observer les animaux qui l'entouraient, les plantes caractéristiques de chaque partie de l'archipel, ... C'est ainsi qu'il avait pu se construire une carte mentale de l'archipel assez exacte, même s'il n'avait pas encore eu le temps de connaître tous les coins et recoins de chaque île. Il savait où trouver certaines plantes, même en hiver, connaissait les sources d'eau pure et les petits étangs où se baigner, les endroits calmes où personne ne viendrait le chercher. Même s'il passait pour un ignare, il avait une certaine intelligence. Bien sûr, les pratiques incestueuses de ses parents avaient laissés des traces sur son esprit et c'est pourquoi il ne développait pas l'instinct propre aux créatures de son espèce. Mais il n'était pas bête pour autant et son intérêt pour les plantes avait aidé plus d'une personne sur cette île. Harold ne semblait pas à sa place au milieu de ces créatures sanguinaires et de ses humains revanchards. Et pourtant, c'était peut-être celui qui se plaisait le mieux à Aeron.
Le jour commençait à peine à pointer le bout de son nez sur le manoir des créatures lorsque Harold se décida à sortir de sa chambre. Même s'il appréciait la nuit, comme la plupart des individus de son espèce, il lui était parfois plus agréable de sortir durant la journée. En effet, ses congénères rentraient au petit matin de leur chasse et s'occupaient tout la journée à des jeux brutaux et dénués de sens pour le jeune vampire. Il préférait rester la nuit au manoir, lorsque tout était presque vide et calme, et sortir la journée et observer la beauté de la nature environnante sans être gêné par un quelconque lycan en quête de compagnie. Il fallait se dépêcher. Il connaissait un endroit protégé du froid et des intempéries sur l'île Zêta et il savait qu'il pourrait y observer des perce-neige d'un blanc nacré aux rayons du petit matin. Juste ce qu'il fallait pour le mettre de bonne humeur pour la journée. Harold était comme cela. Sa vie se résumait à la recherche du plaisir. Regarder des plantes lui faisait plaisir. Rester une journée le regard fixé sur la mer et l'horizon, sentant le vent froid sur son visage lui faisait plaisir. Aider les autres lui faisait plaisir. Etre avec son père, aussi étrange qu'il pouvait l'être, lui faisait plaisir. Rien n'était prévu dans l'emploi du temps de Harold. Il se contentait de suivre sa vie telle qu'elle se déroulait, comme une succession de plaisirs et d'envies. Il sortit donc de ses draps et se dirigea vers le petit cabinet attenant à sa chambre. Là, il passa un linge mouillé sur son visage et enfila ses vêtements. Cette toilette sommaire faite, il prit son carnet de note qu'il fourra dans un sac contenant ses objets les plus précieux : les plantes séchées dont il avait besoin pour pratiquer la médecine, les quelques livres qu'il possédait et un objet qui comptait particulièrement pour lui, un petit poignard que son père lui avait offert un jour. Il est vrai que ce "cadeau" n'avait pas la même signification pour Lutz et Harold. Le premier l'avait un jour mis dans les mains de son fils en lui disant qu'il fallait maintenant qu'il apprenne à se servir d'armes et que, s'il ne voulait pas attaquer d'humains à mains nues, il se déciderait peut-être à s'en occuper avec ce poignard. A vrai dire, la lame était émoussée et le métal de mauvaise facture, c'est pourquoi Lutz s'en était débarrassé auprès de son fils. Mais Harold le choyait comme la prunelle de ses yeux. Il avait aiguisé la lame et s'en servait lorsqu'il cueillait ses plantes. Il lui arrivait de regarder cet objet et de pleurer simplement en pensant à son père. C'était pour lui la preuve de l'amour que pouvait lui porter Lutz, même s'il s'en défendait.
Une fois sorti du manoir, évitant consciencieusement les autres créatures rentrant de chasse, Harold se dirigea vers ce coin de nature foisonnant. Là, entouré des fleurs blanches nacrées, il se sentait en sécurité et il n'était plus seul. Il resta ainsi pendant quelques heures, profitant des rayons du soleil qui perçaient ici. Puis il se souvint soudain d'une source d'eau chaude qui surgissait non loin de là. Peu de personne connaissait aussi bien que lui les endroits où il faisait bon vivre sur l'île et si ç'avait été le cas, il n'aurait sans doute pas été le seul à profiter de la chaleur de cette eau, à deux pas de la neige blanche qui tombait régulièrement en hiver. Ca n'est pas que Harold ne voulait pas partager cette dolce vita avec quelqu'un... mais dès qu'il avait tenté d'en parler aux autres vampires, on ne lui avait pas donné de crédit. A croire que les autres vampires n'aimaient pas prendre de bon temps. Après ce bain, Harold se roula dans la neige fraîche avant de se rhabiller et de partir se promener sur l'île. Il était toujours à la recherche de nouveaux endroits escarpés qu'il ne puisse pas connaître, et l'île interdite l'intriguait beaucoup. Quels mystères pouvait bien renfermer cette île à laquelle on n'avait pas accès?
Il fut alors temps de rentrer. Le vent s'était levé et de gros nuages noirs arrivaient sur l'île, annonçant une tempête de neige. Et même si Harold savait s'accommoder des temps les plus extrêmes, il ne se sentait pas le cœur de supporter une tempête. Il se dirigea donc vers le manoir tranquillement, laissant voguer ses pensées. Puis il arriva devant sa porte. Quelque chose clochait. Celle-ci était ouverte et des traces de sang couvraient le pas de porte. Harold, sans penser qu'il faisait bien de ne jamais laisser de choses précieuses dans sa chambre, se demanda ce qui avait pu arriver et se précipita dans sa chambre. Quelle ne fut pas sa surprise de voir son père allongé dans son lit, les draps blancs soudain rouges autour de lui. "Papa" s'écria Harold, la nervosité et l'inquiétude se mêlant dans sa voix. Il se précipita vers son lit afin de voir dans quel état se trouvait son père, l'appelant à voix basse afin de le réveiller. Voyant qu'il n'y arrivait pas, il passa dans le cabinet de toilette et apporta une bassine d'eau et un linge, qu'il passa sur le visage de son père. C'est à ce moment qu'il remarqua la blessure qui mutilait son géniteur. Son esprit fonctionnant à toute allure, il prit son sac et en sortit quelques préparations qu'il tenait toujours à porté de main. Il dilua une poudre antalgique dans un verre d'eau afin de le faire boire à son père. Il fallait être doux : Harold s'imposa une minute de respiration lente afin d'être calme et d'avoir l'esprit clair sur les soins à apporter à son père. Il s'en approcha à nouveau, le verre à la main."Lutz, Papa... Je suis là, je vais m'occuper de toi."["C'est à ce moment qu'il remarqua la blessure qui mutilait son géniteur." --> Je trouve cette phrase énorme... J'ai tellement ri en l'écrivant!] _________________ "Les épines que j'ai recueillies viennent de l'arbre que j'ai planté." Lord Byron |
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 | Sujet: Re: Allo papa bobo Jeu 12 Mar - 1:19 | |
| Lutz, dans un sommeil profond n’entendit pas son fils entrer dans la pièce. Il venait d’entrer dans la phase de sommeil paradoxal, et il commençait à rêver. Qui aurait pu croire que le grand méchant Lutz était en proie aux terreurs nocturnes et à de nombreux cauchemars. Alors que cela ne lui était jamais arrivé plus jeune, depuis quelques années son repo étai régulièrement perturbé par quelques songes oppressant. Il se retrouvait souvent dans une situation dangereuse, et quoi qu’il fasse il n’arrivait pas à bouger, il était paralysé. Il y avait aussi ces fois où il voulait crier, il se forçait, il voulait hurler mais rien ne sortait. Etrangement, ses tourments avaient commencé en même temps que les problèmes qu’Harold avait pu lui créer. Pure coïncidence ? C’était fort peu probable. Ces temps ci, il pouvait dormir relativement sereinement. Cela faisait quelques jours maintenant que ses nuits étaient calmes. Mais s’étant endormi dans la chambre de son fils, l’esprit entièrement tourné vers ce dernier, le processus infernal s’était réenclenché et alors qu’il était tranquillement allongé dans un lit il se croyait au fond de l alors qu’il était tranquillement allongé dans un lit il se croyait au fond de l’eau, le crane compressé à l’extrême par la pression, les yeux prêts à exploser, les poumons noyés, et il ne pouvait rien faire. D’apparence il avait l’air tout ce qu’il y a de plus calme, mais son rythme cardiaque n’aurait pas pu être plus rapide à ce moment là s’il avait eu un cœur qui bat. Il entendit une voix, il ne comprit pas ce qu’elle disait, il voulait juste la voir, la toucher, la trouver. A tâtons, il chercha autour de lui et tomba sur la main d’Harold. Rassuré il la serra mais son esprit traduisit ce contact familier par une sensation froide et surnaturelle. Il se retira brutalement, et ouvrit les yeux.
Il ne mit pas longtemps à émerger. Il n’eu besoin que de quelques secondes pour savoir qu’il avait fait à nouveau un rêve. Il fixait l’autre avec des yeux inexpressifs et soupira d’un air agacé. Il avait mi le temps pour rentrer, il avait l’impression d’avoir dormi trop longtemps. Son fils était visiblement en état de panique, mais ce n’était pas nouveau, s’il n’était pas dans on état mielleux habituel, il était en état de panique. Ce môme ne savait représenter que les extrêmes. Et encore, il n’avait as eu à supporter sa réaction face à vase cassé et aux fleurs éparpillées. Sensible, attentionné, il était tout ce qu’il n’aurait pas du être. C’était bien cela qui était désespérant. -Mais bon dieu, arrête de chouiner, recoud ça, désinfecte, fais ce que tu veux mais magne-toi. Il voulu se redresser pour prendre la chose en main, mais dès les premiers mouvements la tête lui tourna. Aussi, il se remit correctement sur le ventre, les bras pliés et le menton posé dessus. Il remarqua seulement le verre dans la main du vampire qui déduit-il lui était destiné. Il du donc se mettre un peu sur le côté, pour attraper le médicament et il le bu doucement. Absolument immonde. Il redonna l’objet à Harold avec une grimace et se remit dans sa position initiale, attendant sans patience qu’il daigne le soigner afin que cette histoire ne soit plus qu’un mauvais souvenir. -Je peux savoir où tu étais encore allé trainer ? Tu n’es dans mes pattes que quand je n’ai pas besoin de toi, à croire que tu le fais exprès. Si tu calcules ton coup franchement chapeau, mais tu ferais mieux d’arrêter parce que ça commence sérieusement à me foutre en rogne.Il répétait ceci sans cesse, chaque jour il fallait qu’il manifeste le mépris qu’il avait envers lui. Quoi de mieux pour endurcir quelqu’un que de lui cracher à la figure ? Il y avait certainement quelque chose, puisque ça jusqu’ici ça n’avait jamais marché, mais en 20 ans il n’avait jamais trouvé quoi. Il était méchant, voir violent avec Harold, et ce toujours gratuitement. Il ne se rendait parfois même plus compte, il avait perdu l’habitude de retenir ses mots en face de lui, si bien qu’il débitait des paroles sans trop y penser. Lui qui ne faisait déjà pas grand cas des sentiments des autres, il perdait toute once de maintient face au jeune vampire. |
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